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Du recul sur nos premiers rats

 

    Si j’écris aujourd’hui ce texte, ce n’est pas dans un but moralisateur ou éclairant. C’est une manière surtout de prendre du recul vis-à-vis de nos premiers choix (ceux de mon chéri et moi-même). Peut-être que cela pourra également amener du tangible à un discours qui est souvent tenu par les passionnés. Dans tous les cas, c’est également une manière de ne pas oublier, pour ne pas refaire les mêmes erreurs.

 

    Ceci étant mis à plat, l’histoire commence en Septembre 2013, lorsque nous avons décidé que l’animal avec lequel nous souhaitions nous lancer était le rat domestique. Je n’étais pas très emballée, mon chéri m’a convaincue. Et puis, pas suffisamment renseignés, mais plein de bonne volonté, nous sommes passés par la case Animalerie pour nous renseigner sur l’animal, en voir un de près (et tester les allergies du chéri) et obtenir une cage. Et bien entendu, les vendeurs ont fait leur travail, et nous avons craqué bêtement… nous sommes repartis avec une petite rate, une cage même pas adaptée pour un hamster et l’idée que c’était “pas top », mais que nous allions lui trouver une copine rapidement.

    Une semaine plus tard, la petite puce que nous avons nommée Cydaée nous pondait 5 lardons dans sa trop petite cage, alors qu’elle était soignée pour une méchante otite et que tout ce que je voulais c’était qu’elle vive. Nous avons envisagé de faire partir les petits dès leur naissance. C’était soit ça, soit assumer et tous les garder... Nous les avons tous gardés.

    Des achats (cage adaptée, nourriture de qualités, jouet, cage de transports) et des frayeurs plus tard, tout le monde avait trouvé sa place dans la maison et une vie douce et agréable se mit en marche...

 

    Et ne dura pas plus d’un an.

 

    Oh, bien entendu, nous avons rencontré quelques problèmes avant. Un rhume, un point noir, un des mâles nous a même fait une crise d’adolescence longue et fatigante. Mais au moins pour ça, nous savions que c’était le déroulement “normal” de la vie d’un rat.

    Pourtant, alors qu’elle avait à peine 1an et quelques mois, Astéria, seule femelle de la portée, développa sa première tumeur. Et pas des moindres… Un sarcome, collé au côlon, qui nécessita de l’envoyer à un hôpital vétérinaire à 200Km de la maison.Et là encore, ce que je veux en dire, ce n’est pas le prix dangereusement haut (+ 250€) que nous avons payé, mais c’est tout le reste. Une opération qui a duré plus de 1h pour la puce, et un vétérinaire qui m’a appelé jour après jour pour m’annoncer qu’il ne fallait pas se faire d’espoir… La tumeur mesurait 3cm de long et il avait du ouvrir ma fille en deux pour la retirer du mieux possible.

    Le pire dans tout ça c’est pour la puce. Seule dans cet hôpital. Gardée sous surveillance vétérinaire pendant une longue semaine, car son transit ne repartait pas. Un long voyage pour revenir à la maison. Et là, encore séparée de sa mère, sa grande copine, pendant plus de 2 semaines. Être nourrie à la seringue, vivre dans une plexi, tourner en rond la journée quand nous n’étions pas à proximité pour nous occuper d’elle.

    Le plus fou dans tout ça, c’est qu’elle a survécu.

 

    Puis 3 mois plus tard, comme me l’avait annoncé le vétérinaire, la tumeur revint. Et là, il n’y avait plus d’opération à tenter ou de traitement miracle. Un peu de naturopathie pour aider à mieux vivre, beaucoup d’amour le temps que l’on pouvait encore en donner.

    Astéria avait à peine 1 an et demi quand elle est morte d’une tumeur collée au colon, qui est revenue et s’est nécrosée à une vitesse inimaginable. Qui lui a pris ses forces et sa vie.

 

    On s’est alors dit que c’était “normal”, que les rats avaient tous de grands risques de tumeurs… On s’est mis à les aimer plus encore, si c’est possible, pour ne pas regretter quelque chose si un de ses frères ou sa mère venait à partir de la même saloperie. Parce que “c’est possiblement héréditaire, aux vues des analyses” nous avait dit le vétérinaire.

 

    Et puis en mai suivant, ça a été le tour d’un de ses frères. Mon parfait, mon rat, mon coup de coeur sur la portée, Orion. Il est parti en même pas deux semaines. D’un simple coup de mou, on a découvert un abcès qui se s’est pas soigné.

    Contrairement à sa soeur, Orion n’a pas eu la force de se battre, et malgré le changement de médicament, nous l’avons laissé partir rapidement. Au moment de l’injection létale, la vétérinaire a découvert qu’il y avait un épanchement dans ses poumons. “Il n’aurait pas tenu plus longtemps, vu la quantité de liquide”.

Et on a pleuré, impuissants et abattus.

 

Depuis, nous avons redoublé de vigilance. Examen des bébés tous les jours, palpage, reniflage de bouche, saut chez le vétérinaire même pour un rien.

Et finalement, les deux ans de Cydaée et de ses 3 derniers fils sont arrivés et passés. Naïfs, nous parlions de leur vieillesse, espérant qu’ils tiennent longtemps à nos côtés et que leur départ soit doux, dans leur sommeil.

 

Fin octobre dernier, Pollux a commencé à perdre du poids, puis à être perdu, ne plus rien voir, se traîner. Le diagnostic n’a pas été long à trouver : tumeur hypophysaire. Nous avons foncé chez le vétérinaire, des coupures dans les mains pour expliquer la maladie et ses traitements.

Depuis, Pollux se bat. Il ne mange plus seul, boit difficilement, ne bouge plus de son dodo. Il maigrit jour après jour. Et nous, nous nous battons pour lui, car il le veut, et nous pleurons soir après soir en le regardant mourir à petit feu.

 

Mais l’histoire ne s’arrête même pas là.

 

Cydaée, du haut de ses 29mois, commençait à fatiguer un peu dans les mêmes temps. Un vendredi soir, nous nous interrogions sur ses forces qui déclinaient.... Le lendemain matin, elle était retrouvée catatonique dans sa cage. Ne respirant quasiment plus, tombant au moindre mouvement, ne voyant plus rien. Une atteinte neurologique peut-être ? De la vieillesse ? La vétérinaire n’a pas donné d’avis, mais l’a endormie alors que nous la serrions contre nous.

 

    Sur les trois fils restants, Pollux était déjà malade. Le lendemain soir, nous avons retrouvé Altaïr en pleine agitation, tête penchée, perdu et effrayé. L’AVC a été confirmé le lendemain par la vétérinaire.

    Malgré le traitement, il est toujours aussi perdu, s’agite pour un rien. Nous l’avons installé avec Pollux dans une cage plein pied, acheté en catastrophe. Soir après soir nous nous réinventons soigneurs, avons même après à faire des injections sous-cutanées. Mais il ne va pas mieux. Lui aussi décline lentement. Lui aussi ne veut pas se battre.

    Et finalement, Pollux est parti avant son frère, mais bien trop vite une fois de plus.

 

    Alors sur cette aventure, il ne reste que Castor. Le p’tit pote, le maigrichon, le soumis, le couinard. Un petit rat pas très câlin, mais bougrement intelligent. Qui se porte bien, qui vit avec un copain de 7 mois et qui ne fait pas son âge. Notre petit warrior.

 

    Si on me demandait de conclure, je ne dirais que cela : de nos 6 rats de débuts, nous ne conservons que des photos magnifiques de cinq d’entre eux que mon père a prises et un bébé de 26 mois qui continue à faire sa vie comme si de rien n’était. Récemment, j’ai remercié mon père des photos qu’il avait fait, mais j’aurai préféré ne pas en faire et les avoir encore près de moi.

 

    Si vous deviez retenir une chose de ce texte, c’est peut-être bien ceci :

Je ne dis pas qu’on peut empêcher ses rats d’amener autant de peine, mais on peut tout mettre en place, dès le début et par nos premiers choix, pour éviter au maximum cette souffrance. “

 

Article rédigé en Novembre 2015